Ils fascinent autant qu’ils intriguent. Avec leur allure parfois qualifiée d’extraterrestre et leurs grands yeux expressifs, les chats sans poils ne laissent personne indifférent. Mais ne vous fiez pas à cette apparence singulière : derrière cette peau nue se cache souvent l’un des compagnons les plus affectueux et attachants du monde félin. Si vous envisagez d’accueillir un de ces félins atypiques, sachez que leur adoption ne s’improvise pas. Des différentes races existantes aux soins très spécifiques qu’ils exigent, voici tout ce qu’il faut savoir sur ces chats pas comme les autres.
En bref :
- Ils ne sont pas chauves mais recouverts d’un fin duvet offrant une sensation de velours ou de peau de chamois au toucher.
- Les races les plus connues sont le Sphynx (Canada), Donskoy et Peterbald (Russie).
- Ce sont des animaux exclusifs, très affectueux, intelligents et dépendants, qui recherchent constamment le contact physique.
- La peau accumule du sébum ; des bains réguliers et un nettoyage des oreilles sont obligatoires pour l’hygiène.
- Ils sont fragiles face aux températures extrêmes (besoin de pulls en hiver) et aux rayons UV (risque de brûlures en été).
- Prévoyez une enveloppe entre 1 200 € et 3 000 € pour l’achat, sans compter les coûts alimentaires plus élevés liés à leur métabolisme rapide.
Qu’est-ce qu’un chat sans poil ? origine et particularités
Contrairement aux idées reçues, ces chats ne sont pas le fruit de manipulations en laboratoire, mais le résultat d’une mutation génétique naturelle spontanée, que des éleveurs passionnés ont ensuite décidé de fixer pour créer des races stables.
Il est important de préciser qu’un chat « nu » est rarement totalement glabre. Au toucher, sa peau rappelle souvent la texture d’une peau de pêche, du velours ou du daim. La plupart possèdent un très fin duvet quasi invisible, bien que certaines lignées, comme le Kohana, soient dépourvues de tout follicule pileux.
Une autre particularité surprenante est la sensation de chaleur intense qu’ils dégagent. En réalité, leur température corporelle est identique à celle des autres chats, mais l’absence de fourrure isolante les transforme en véritables petites bouillottes vivantes. Enfin, méfiez-vous du mythe du chat hypoallergénique. Ce n’est pas le poil qui déclenche les allergies, mais une protéine présente dans la salive et le sébum. Même sans fourrure, un chat nu peut donc provoquer des réactions chez les personnes sensibles.
Les principales races de chats sans poils
Si le grand public résume souvent le chat nu au seul Sphynx, il existe en réalité plusieurs variétés. Certaines sont reconnues par les instances officielles comme le LOOF (Livre Officiel des Origines Félines), tandis que d’autres restent expérimentales.
Le Sphynx (le plus célèbre)
C’est la star incontestée, la référence qui vient immédiatement en tête. Originaire du Canada (et non d’Égypte) suite à la naissance d’un chaton nu nommé « Prune » dans les années 60, le Sphynx se distingue par une morphologie atypique. Il possède un abdomen bien rond, une peau plissée, une queue de rat et de très larges oreilles rappelant celles d’une chauve-souris. Son duvet très ras lui confère cette douceur de « peau de chamois » si caractéristique.

Le Donskoy (Don Sphynx)
Souvent confondu avec son cousin canadien, le Donskoy est pourtant une race bien distincte originaire de Russie (découverte à Rostov-sur-le-Don). La différence majeure est génétique : son gène de nudité est dominant, contrairement à celui du Sphynx qui est récessif. Physiquement, il présente une ossature plus robuste, une musculature puissante et une peau particulièrement élastique et ridée, notamment au niveau du cou et de l’aine.
Le Peterbald
Également né en Russie, le Peterbald est le fruit d’un croisement entre un Donskoy et un Oriental Shorthair. Il a hérité de l’élégance de ce dernier : c’est un chat longiligne, fin, avec une tête triangulaire et de grandes oreilles placées bas. Son allure est souvent décrite comme plus « aristocratique » et aérienne que celle du Sphynx. Sa peau peut varier du totalement nu au velours ras.
Les autres races (Bambino, Elf, Levkoy, Kohana)
D’autres variétés, souvent issues de croisements récents (hybrides), séduisent les amateurs d’exotisme, bien que leur reconnaissance varie selon les fédérations :
- Le Bambino : Un croisement entre le Sphynx et le Munchkin, caractérisé par ses courtes pattes, gardant une allure de chaton toute sa vie.
- L’Elf et le Dwelf : Issus de mariages avec l’American Curl, ils se distinguent par leurs oreilles courbées vers l’arrière, accentuant leur look de créature fantastique.
- Le Levkoy Ukrainien : Un chat aux oreilles pliées (héritage du Scottish Fold) et au corps anguleux.
- Le Kohana : Originaire d’Hawaï, c’est le seul chat véritablement « nu ». Il ne possède aucun follicule pileux et sa peau a une texture caoutchouteuse unique. Il reste extrêmement rare et coûteux.
| Race | Origine | Morphologie | Type de peau |
|---|---|---|---|
| Sphynx | Canada | Musclé, ventre rond, oreilles larges | Duvet « peau de pêche » |
| Donskoy | Russie | Robuste, ossature lourde | Très élastique et ridée |
| Peterbald | Russie | Longiligne, fin, type oriental | Variable (nu, velours, brush) |
Caractère : un « chien-chat » pot de colle
Si vous cherchez un animal indépendant qui dort dans son coin, passez votre chemin ! Le trait de caractère commun à toutes ces races nues est leur dépendance affective. On les surnomme souvent des « chiens-chats » ou des « pots de colle ».
Dépourvus de protection thermique, ils recherchent instinctivement la chaleur humaine. Ils adorent se blottir sous les couvertures, dormir contre leur maître et participer à toutes les activités de la maison. Ce sont des animaux extrêmement sociables, intelligents et curieux, qui supportent très mal la solitude. Ils vocalisent souvent pour communiquer avec leur propriétaire. Adopter un chat sans poil, c’est accepter d’avoir un compagnon fusionnel qui vous suivra partout, même jusqu’à la salle de bain.
Santé et entretien : ce qu’il faut savoir avant d’adopter
L’absence de poil n’est pas synonyme d’absence d’entretien, bien au contraire. Ces races demandent une routine d’hygiène rigoureuse pour rester en bonne santé.
La gestion du sébum et de la peau
Chez un chat classique, le poil absorbe le sébum sécrété par la peau. Chez le chat nu, ce gras reste à la surface. S’il n’est pas nettoyé, le chat devient « poisseux », sa peau s’encrasse (points noirs) et il peut laisser des taches brunâtres sur vos draps ou vos meubles. Vous devrez donc lui donner des bains réguliers (avec un shampoing pH neutre adapté) ou le nettoyer avec un gant de toilette humide chaque semaine. Les oreilles produisent aussi beaucoup de cérumen qu’il faut nettoyer fréquemment pour éviter les otites.
Protection contre le froid et le soleil
Leur peau nue les rend vulnérables aux éléments :
- En hiver : Ils craignent le froid et les courants d’air. L’achat de vêtements (pulls, manteaux) est souvent indispensable. De plus, leur métabolisme est plus rapide : ils brûlent plus de calories pour maintenir leur température, ce qui implique des rations de nourriture plus importantes et riches.
- En été : Attention au soleil ! Comme nous, ils peuvent bronzer, mais surtout attraper de graves coups de soleil pouvant mener à des cancers de la peau (carcinomes). L’exposition directe aux heures chaudes est à proscrire, et l’application d’un écran solaire vétérinaire est recommandée si le chat sort.
Prix : quel budget prévoir pour un chat nu ?
L’acquisition d’un tel chat représente un investissement. Pour un chaton inscrit au LOOF, en bonne santé et issu de lignées testées pour les maladies génétiques (comme la CMH, une maladie cardiaque fréquente), comptez en moyenne entre 1 200 € et 2 500 €.
Le prix varie selon la race (le Kohana peut atteindre des sommets), la rareté de la couleur et la réputation de l’élevage. N’oubliez pas d’ajouter à ce budget initial les frais récurrents : une alimentation de haute qualité en plus grande quantité, les vêtements, et un suivi vétérinaire rigoureux, notamment dermatologique et cardiaque.

