Voir son chat pris d’une violente quinte de toux, le cou tendu et produisant un bruit rauque, est une expérience angoissante pour tout propriétaire. On a souvent l’impression immédiate que l’animal s’étouffe avec un objet coincé. Rassurez-vous : bien que ce spectacle soit impressionnant, il ne s’agit pas toujours d’une urgence vitale. Cependant, une toux qui ressemble à un étouffement ne doit jamais être ignorée, car elle peut masquer des pathologies allant de la simple gêne passagère à des affections respiratoires plus sérieuses. Cet article vous aide à décrypter les signes pour réagir vite et bien.
En bref :
- Une toux ressemblant à un étouffement est impressionnante mais n’est pas toujours une urgence vitale.
- Il y a urgence si la langue est bleue, le chat respire la gueule ouverte, ou abattement soudain.
- Les causes fréquentes peuvent être de l’asthme félin, Coryza ou simples boules de poils (trichobézoards).
- Filmez la crise pour aider votre vétérinaire et consultez si la toux persiste plus de 24h.
- Assurez une vermifugation régulière incluant les parasites pulmonaires et évitez les irritants (fumée, parfums d’ambiance) dans l’environnement du chat.
Urgence absolue : les signes qui ne trompent pas
Avant de chercher à comprendre l’origine de la toux, vous devez immédiatement exclure une situation de détresse respiratoire aiguë. Si votre chat présente l’un des symptômes suivants pendant ou après la crise, n’attendez pas : rendez-vous immédiatement chez le vétérinaire de garde.
- Les muqueuses cyanosées : Soulevez la babine de votre chat. Si ses gencives ou sa langue virent au bleu ou au violet, cela indique une hypoxie (manque d’oxygène). C’est le signe d’alerte maximal.
- La respiration gueule ouverte : Contrairement au chien, un chat ne respire pas par la bouche sauf en cas de stress thermique extrême ou de détresse respiratoire majeure. S’il cherche son air la bouche ouverte, il est en danger.
- La discordance respiratoire : Observez son flanc. Si son ventre se gonfle exagérément alors que ses côtes se creusent (mouvements paradoxaux) ou s’il contracte violemment l’abdomen pour forcer l’expiration, il lutte pour respirer.
- L’hémoptysie : Si vous remarquez des traces de sang, rouge vif ou rosé, ou une mousse rosée expulsée lors de la toux, la consultation est impérative.
Est-ce vraiment de la toux ? Savoir faire la différence
Les propriétaires confondent très souvent la toux avec d’autres mécanismes physiologiques. Décrire précisément la « gestuelle » de votre chat à votre vétérinaire sera déterminant pour le diagnostic.
Toux vs Vomissement : la confusion fréquente
Il est fréquent de penser qu’un chat tousse alors qu’il tente de vomir, et inversement.
- La toux : Le chat tend généralement le cou vers l’avant, reste collé au sol sur ses quatre pattes, et expulse de l’air brutalement. Le mouvement vient du thorax. La toux est souvent sèche, quinteuse.
- Le vomissement : Il implique des contractions spasmodiques visibles de l’abdomen (le ventre « pompe »). On entend souvent des bruits de haut-le-cœur (« glou-glou ») avant l’expulsion de bile ou de nourriture.
Le cas particulier du « Reverse Sneezing » (Éternuement inversé)
Ce phénomène est particulièrement spectaculaire. Lors d’une crise de reverse sneezing, le chat inspire violemment et bruyamment par le nez, produisant un son de raclement ou de « cochon », souvent par séries rapides. Bien que terrifiant (on croit vraiment à l’étouffement), c’est un mécanisme généralement bénin visant à dégager le nasopharynx irrité (poussière, allergie).
- Le meilleur réflexe est de filmer la crise avec votre téléphone. La vidéo est l’outil de diagnostic le plus fiable pour votre vétérinaire.
| Symptôme | Origine du mouvement | Son caractéristique | Gravité immédiate |
|---|---|---|---|
| Toux | Contraction du thorax | Sec, rauque ou sifflant | Variable (à surveiller) |
| Vomissement | Contraction de l’abdomen | Haut-le-cœur, liquide | Faible (sauf si répété) |
| Reverse Sneezing | Inspiration nasale forte | Reniflement bruyant, raclement | Généralement bénigne |
Pourquoi mon chat tousse-t-il ? Les 4 causes principales
Une fois l’urgence écartée, il faut identifier la cause. La toux est un symptôme, pas une maladie en soi. Voici les coupables les plus fréquents.
- Les boules de poils (Trichobézoards) : C’est la cause la plus fréquente et la moins grave. En période de mue, le chat ingère beaucoup de poils qui irritent le pharynx ou l’œsophage. La toux est sèche et se termine parfois par le rejet d’un « boudin » de poils.
- L’asthme félin et les allergies : C’est une maladie inflammatoire chronique des bronches très courante chez le chat. La toux est souvent quinteuse, accompagnée d’un sifflement respiratoire. Elle est déclenchée par des allergènes : poussière, acariens, fumée de cigarette ou litière trop poudreuse.
- Les virus et bactéries (Coryza) : Si la toux s’accompagne d’éternuements, d’écoulements nasaux ou oculaires, et de fièvre, il s’agit probablement d’une infection. Le Coryza (impliquant souvent l’Herpèsvirus ou le Calicivirus) est très contagieux. Une surinfection bactérienne peut transformer une toux sèche en toux grasse.
- Les parasites (Vers pulmonaires) : On y pense moins, mais certains parasites comme l’Aelurostrongylus abstrusus se logent dans les bronchioles et les alvéoles pulmonaires, provoquant une inflammation sévère. Cela touche souvent les chats qui chassent ou sortent beaucoup.
Notez que chez le chat âgé, une toux persistante peut parfois masquer une tumeur pulmonaire ou médiastinale, d’où l’importance des examens.
Traitements et bons réflexes : comment soulager son animal ?
La prise en charge dépendra entièrement de la cause identifiée. L’automédication est votre pire ennemie.
Ce qu’il ne faut surtout pas faire
- Ne donnez jamais de médicaments humains : Le paracétamol ou l’ibuprofène sont mortels pour les chats. Les sirops antitussifs pour humains contiennent souvent des substances toxiques pour les félins.
- N’attendez pas si l’état général se dégrade : Si votre chat cesse de s’alimenter, se cache ou semble abattu en plus de tousser, consultez dans la journée.
- Ne réutilisez pas d’anciens antibiotiques : Ils seront inefficaces sur un virus (coryza) ou sur de l’asthme, et peuvent créer des résistances.
La prise en charge vétérinaire
Pour établir le bon diagnostic, le vétérinaire procédera d’abord à une auscultation pulmonaire minutieuse. Dans la majorité des cas de toux chronique ou inquiétante, une radiographie thoracique est indispensable pour visualiser l’état des bronches et des poumons (signes de bronchite, asthme, œdème…). Selon le diagnostic, le traitement pourra inclure :
- Des corticoïdes (par voie orale ou via un inhalateur adapté) pour gérer l’asthme.
- Des antibiotiques ciblés en cas d’infection bactérienne ou de pneumonie.
- Un protocole de vermifugation spécifique contre les vers pulmonaires.

