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You are currently viewing Un chien peut-il mourir d’une crise d’épilepsie ? Comprendre les risques et les solutions

Voir son chien pris de convulsions est une expérience terrifiante pour tout propriétaire. Si l’aspect spectaculaire de la crise suggère une urgence vitale immédiate, la réalité médicale est souvent plus nuancée. Cet article décrypte les risques réels de mortalité, les causes sous-jacentes de la maladie et les protocoles vétérinaires pour assurer une vie longue et sereine à votre compagnon.

En bref :

  • Le risque de décès immédiat reste exceptionnel lors d’une crise d’épilepsie isolée.
  • La mortalité concerne principalement les crises prolongées nommées status epilepticus.
  • L’épilepsie idiopathique touche souvent les chiens jeunes et se gère avec succès par un traitement médical.
  • Une consultation vétérinaire s’impose dès la première convulsion pour écarter une cause toxique ou lésionnelle.
  • Le pronostic vital s’avère excellent pour la majorité des chiens stabilisés.

Une issue fatale reste exceptionnelle lors d’une crise isolée

Lors d’une convulsion classique, le cerveau de l’animal subit une activité électrique anormale et soudaine. Bien que le corps semble hors de contrôle, le chien ne souffre pas consciemment durant l’épisode. Dans la grande majorité des cas, le système nerveux finit par réguler cette surcharge électrique et la crise s’arrête d’elle-même en moins de deux minutes.

Une crise isolée n’est pas mortelle en soi pour plusieurs raisons :

  • La durée est trop courte pour engendrer des lésions cérébrales définitives.
  • Les fonctions vitales (cœur et poumons) continuent généralement de fonctionner malgré les spasmes.
  • L’animal entre naturellement en phase post-ictale (récupération) après l’effort musculaire.

Les complications majeures surviennent uniquement dans des cas spécifiques

Le danger réel apparaît quand la crise ne s’arrête plus ou s’enchaîne sans répit. On parle alors de status epilepticus (état de mal épileptique) si la convulsion dépasse cinq minutes, ou de crises subintrantes si le chien n’a pas le temps de reprendre connaissance entre deux épisodes.

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Ces situations constituent une urgence vitale car :

  • Le manque d’oxygène (hypoxie) finit par altérer les tissus cérébraux.
  • L’activité musculaire intense provoque une hyperthermie sévère (coup de chaleur interne).
  • Une défaillance organique globale ou un arrêt cardiaque peut survenir si la température corporelle dépasse les 41°C trop longtemps.

La nature des crises détermine le protocole de soins

Identifier l’origine des convulsions permet au vétérinaire de choisir l’approche thérapeutique la plus efficace. On classe généralement l’épilepsie en trois catégories distinctes.

Type de criseOrigineExemple de cause
RéactionnelleTroubles métaboliques ou toxiquesIntoxication, hypoglycémie, shunt hépatique
StructurelleDommages physiques au cerveauTumeur, AVC, traumatisme crânien
IdiopathiqueOrigine génétique suspectéeHérédité (cerveau physiquement sain)

L’épilepsie idiopathique résulte souvent d’une prédisposition génétique

C’est la forme la plus courante, représentant environ 60 à 70 % des cas. Elle survient chez des chiens jeunes, entre 6 mois et 5 ans, dont le cerveau ne présente aucune lésion visible à l’imagerie. Certaines races prédisposées comme le Border Collie, le Berger Allemand, le Beagle ou le Golden Retriever nécessitent une vigilance accrue des éleveurs pour limiter la transmission héréditaire.

Les crises réactionnelles proviennent d’un déséquilibre interne ou toxique

Ici, le cerveau réagit à une agression extérieure ou à une défaillance d’un autre organe. Une hypoglycémie sévère chez un chiot ou une insuffisance hépatique chez un adulte peuvent déclencher des convulsions. L’ingestion de produits ménagers, de métaldéhyde (anti-limaces) ou de certaines plantes toxiques provoque également des crises brutales qui cessent une fois le poison éliminé.

L’épilepsie structurelle est liée à une anomalie physique du cerveau

Cette forme touche plus souvent les chiens âgés ou les animaux ayant subi un accident. Le vétérinaire recherche alors une tumeur cérébrale, une inflammation (encéphalite) ou les séquelles d’un traumatisme crânien. L’imagerie médicale est ici l’unique moyen de confirmer la présence d’une lésion physique.

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Le diagnostic vétérinaire permet d’exclure les causes graves

Dès la première crise, le vétérinaire procède à un diagnostic d’exclusion. Il effectue d’abord un bilan sanguin complet et un ionogramme pour vérifier le fonctionnement des reins, du foie et les taux de glucose ou de calcium. Si ces tests sont normaux, des examens plus poussés comme l’IRM ou le scanner sont recommandés pour visualiser la structure du cerveau. Dans certains cas complexes, une analyse du liquide cérébrospinal (LCS) ou un électroencéphalogramme (EEG) complètent l’étude pour écarter une infection.

Un traitement adapté garantit une espérance de vie normale

Bien qu’on ne guérisse pas l’épilepsie idiopathique, on la gère avec succès. L’objectif est de réduire la fréquence et l’intensité des épisodes. Le vétérinaire prescrit généralement des anticonvulsivants comme le Phénobarbital, l’Imépitoïne ou le bromure de potassium.

Pour assurer la réussite du traitement, il convient de respecter quelques règles d’or :

  • Administrer les médicaments à heures fixes pour maintenir un taux sanguin stable.
  • Ne jamais stopper ou diminuer le traitement sans avis médical (risque de crise rebond fatale).
  • Réaliser des dosages sanguins réguliers pour ajuster la posologie.

Le coût de la prise en charge varie selon les examens requis

Le budget lié à l’épilepsie comprend les frais de diagnostic initial et le suivi à vie.

Poste de dépenseDescriptionPrix moyen
Consultation initialeExamen neurologique et clinique40 – 70 €
Bilan sanguinRecherche de causes métaboliques80 – 150 €
Imagerie (IRM)Recherche de lésions structurelles600 – 1 200 €
Traitement mensuelMédicaments (selon le poids)20 – 80 €

Votre réaction pendant la crise assure la sécurité de l’animal

Votre comportement est déterminant pour éviter les blessures accidentelles. Le chien est inconscient et ne contrôle pas ses mouvements.

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À faire :

  • Écarter les objets dangereux ou pointus autour de l’animal.
  • Éteindre les lumières et réduire le bruit pour limiter les stimuli.
  • Chronométrer la durée exacte de la convulsion.
  • Filmer la scène pour aider le vétérinaire dans son diagnostic.

À ne pas faire :

  • Mettre ses mains dans la gueule du chien (il ne peut pas avaler sa langue, mais peut vous mordre par réflexe).
  • Tenter de contenir ou de plaquer l’animal au sol.
  • Lui donner à boire ou à manger immédiatement après la crise (risque de fausse route).

Une surveillance rigoureuse permet d’identifier les signes avant-coureurs

Certains propriétaires parviennent à anticiper une crise en observant la phase d’aura. Le chien peut soudainement sembler inquiet, chercher votre attention de manière inhabituelle, ou au contraire s’isoler. Une salivation excessive ou un regard fixe sont souvent des signes annonciateurs. En identifiant ces comportements, vous pouvez placer l’animal dans un endroit calme et sécurisé avant que les convulsions ne débutent, réduisant ainsi les risques de chute ou de blessure.